
C’est bientôt le week-end, et mieux, c’est bientôt Noël et autres réjouissances de fin d’année ! Qu’avez-vous prévu pour les jours à venir ? Moi, pour la première fois depuis que je ne suis plus étudiante – ce qui fait une période non négligeable – je ne vais pas travailler pendant les fêtes.
Enfin, plus exactement, je vais pouvoir fêter Noël en famille le 24 et le 25 décembre, ce qui sera une grande première ! D’habitude, je travaillais à l’hôtel-restaurant le soir du 24 et la journée du 25, avant de rentrer stressée à la maison pour accueillir ma maman et mes beaux-parents et préparer tant bien que mal un réveillon avec 24 heures de retard. Chaque année, c’était la course et l'impression de devoir être dans deux endroits à la fois.
Cette année, la question ne se pose pas. Toute la famille converge vers la maison de mes beaux-parents, pour expérimenter notre premier Noël traditionnel. Mon chéri a posé des congés, et tout le monde se réjouit de ces premières retrouvailles en famille.
Par conséquent, tous mes proches semblent partir du principe que je ne vais pas du tout travailler jusqu’à la fin d’année. Après tout, je suis mon propre patron, me disent-ils. Mon chéri, lui, soupire… Il a bien compris que je suis lancée dans l’écriture de mon premier jet, et donc que j’ai besoin d’écrire au moins un peu tous les jours, pour garder le fil de mon histoire bien en tête.
À propos d’histoire, je vous ai raconté la dernière fois comment est née l’idée de mon prochain roman. Je vous avais promis que cette fois-ci, je vous parlerais de comment j'ai imaginé un récit à partir de ce premier déclic. Chose promise, chose due. C’est parti !
Nous nous sommes donc quittés avec un seul personnage et un embryon d’idée : le contraste entre un vieux monsieur râleur et malicieux, nommé Pierre, et son trépidant passé de jeune marin aventureux.
J’ai très rapidement pensé qu’il me fallait un deuxième protagoniste, qui donnerait la réplique à Pierre. Pour les besoins du récit, ce deuxième personnage devait être son reflet inversé. C’est ainsi qu’est née Zoé, une jeune lycéenne de 17 ans, qui s’apprête donc à rencontrer son voisin de 91 ans.
Tout d’abord, cela a fait naitre une foultitude d’idées, liées à la confrontation entre deux visions du monde : des générations différentes, l’une qui est l’aube de sa vie, l’autre à son crépuscule, une jeune fille qui n’a jamais voyagé, un vieux monsieur qui a visité un nombre invraisemblable de pays. J’étais très enthousiaste... Jusqu’au moment où j’ai commencé à me poser des questions.
Pourquoi diantre une jeune fille de 17 ans passerait-elle son temps à papoter avec un vieux nonagénaire ? N’avait-elle rien de mieux à faire ? Et puis, d’où le connait-elle ? Pourquoi ne se sont-ils pas parlé plus tôt ? Et c’est ainsi qu’a commencé le long travail de réflexion autour du personnage de Zoé.
J’étais aussi un peu inquiète à l’idée de confronter un personnage fortement inspiré d’une personne réelle à un personnage fictif. C’est pourquoi j’ai travaillé sur le personnage de Zoé pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’elle soit pour moi aussi réelle que Pierre. Je connais maintenant toute son enfance, l’histoire de ses parents, ainsi que les secrets de son oncle…
Je l’ai d’autant plus travaillée, qu’au final, Zoé est l’héroïne de ce roman. J’ai longtemps pensé que ce serait Pierre, le héros. Puis j’ai fini par me rendre compte que si je voulais parler du contraste entre le vieux monsieur et son passé, il me fallait un regard extérieur. Je ne pouvais pas traiter ce sujet depuis la tête de Pierre. En outre, j’aurais été très mal à l’aise d’écrire les pensées intimes d’une personne réelle. Il me fallait donc raconter l’histoire du point de vue de Zoé, et regarder Pierre à travers ses yeux à elle.
Pourtant, Pierre reste le héros, au sens où tout le récit va être axé autour de lui. J’ai prévu de laisser la part belle au récit de ses aventures passé et, dans le présent, c’est lui qui va initier tous les évènements. Il sera l’élément perturbateur dans la vie de Zoé (qui a bien besoin d’être perturbée, croyez-moi !).
Certaines scènes sont apparues rapidement, et pour d’autres, il a fallu me creuser les méninges pour relier les évènements. Pour ceux d’entre vous qui ont lu La Nuit où elle a allumé l’étincelle, vous avez peut-être remarqué que le récit est assez linéaire. C’était voulu, puisque l’idée était de suivre Charlotte le temps d’une nuit et d’accompagner sa métamorphose au fil de la soirée. Cependant, pour Zoé et Pierre, je voulais quelque chose de totalement différent. Une relation qui s’étale sur plusieurs mois, qui se construit, avec des sous-intrigues qui viennent s’entrelacer avec l’intrigue principale. J’avais envie de suspense, de révélations, et de retournements de situation.
Après plusieurs semaines de travail, je peux vous l’affirmer : c’est plus facile à dire qu’à faire ! Mais ça valait le coup de me triturer les méninges, puisque je suis contente de mon scénario. Chacun de mes personnages principaux va vivre une transformation profonde, et j’ai le sentiment que j’ai réussi à insérer mon personnage réel dans mon monde imaginaire. Je vous ai parlé du côté un peu facétieux de Pierre ? Lors de nos conversations, il m’a souvent mené en bateau, juste pour le plaisir de la farce. J’avoue que ça m’a beaucoup inspiré, puisque je m’apprête à jouer un joli tour de mon cru à mes lecteurs… Normalement, pour votre plus grand plaisir !
Cette ambition est à la fois un moteur énorme pour m’encourager dans l’écriture, mais également une pression tout aussi écrasante. Selon les jours, je suis parfois débordante d’enthousiasme, parfois accablée par la difficulté de la tâche. Mais forte de ma première expérience de roman, je tiens bon, parce que je sais maintenant que c’est mon état habituel lors de l’écriture. Je me laisse donc porter par les vagues d’enthousiasme, et je rame avec obstination quand elles retombent, confiante qu’une prochaine arrive.
En attendant, mon scénario étant calé, cela me permet de vous dévoiler en avant-première le pitch de départ du roman… Vous allez voir que j’ai trouvé certaines réponses aux questions que je me posais sur Zoé ! Bon, le titre et le résumé vont certainement s’affiner dans les prochains mois, mais pour le moment, ça ressemble à ça :
Après la mort de ses parents dans un accident de voiture, Zoé, 17 ans, est contrainte de s’installer dans le Finistère, chez un oncle qu’elle connait à peine. Pour elle qui ne rêve que d’Amérique et de cosmopolitisme, se retrouver échouée dans un trou perdu breton est l’affront ultime. Déterminée à partir le plus loin possible dès son bac en poche, elle compte donc les semaines qui la séparent de sa liberté. En attendant, hors de question de laisser quiconque s’approcher d’elle et contrecarrer ses projets !
Sauf que le destin lui fait croiser la route de Pierre, son voisin nonagénaire qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle découvre alors rapidement que les apparences sont parfois trompeuses, et qu’un vieux grincheux peut cacher un trépidant globe-trotter.
Entre le vétéran de la Marine nationale et la jeune lycéenne se noue alors une relation insolite, rythmée par des échanges mordants, des récits de voyage, mais également une enquête de contre-espionnage inopinée. Le séjour finistérien de Zoé sera finalement peut-être bien moins ennuyeux que ce qu’elle imaginait…
Alors qu’en dites-vous ? Ça vous intrigue ? Ça vous donne envie ?
Dans ma prochaine lettre, nous allons parler des recherches documentaires, et je pense que vous allez sourire ! Je me retrouve à rechercher les infos les plus farfelues pour améliorer la crédibilité du roman. Et curieusement, c'est cette chère Zoé qui me donne beaucoup de fil à retordre, mais bon, je vous raconterai ça la prochaine fois !
En attendant, je vous souhaite de merveilleuses fêtes de fin d’année. Que vous les fêtiez seuls ou en famille, profitez de cette période gourmande !
À très vite, j’ai hâte de lire ce que vous pensez de ce pitch !😊
Léonie