
«Et c’est ainsi que la voilà aujourd’hui en route pour Saint-Renan, 8 500 habitants. Elle a fait le calcul, ça représente 1.65% de la population de Lyon.
Un bled, quoi.
Le genre d’endroit où tout le monde doit connaître tout le monde et se mêler des affaires des autres.
L’horreur.»
Le petit vieux qui a fait le tour du monde (3 fois), page 12
Pardon aux renanais pour les préjugés de Zoé !
À l'origine, je voulais parler davantage de cette jolie petite ville, située à 15km au nord-ouest de Brest, dans mon roman.
Malheureusement, je n'ai pas vraiment trouvé de passage qui s'y prêtait de manière convaincante.
Dans mon tout premier jet, Zoé découvrait la ville au tout début du roman. Problème : cela faisait une longue description qui rendait mon démarrage d'histoire particulièrement poussif... Au moment des corrections, j'ai donc remanié complètement les premiers chapitres et la description de Saint-Renan est passée à la trappe... J'ai même dû renoncer à mon clin d'œil à la rue Casse-la-foi !
Les lieux dont je parle dans le roman (le jardin exotique, la boucherie, la librairie, la médiathèque, le cinéma) existent tous. En revanche, tous les personnages sont entièrement fictifs.







« En fermant la porte derrière elle, Zoé ne peut s’empêcher de ressentir une pointe d’excitation. Apparemment, ici, elle est libre d’aller et venir comme bon lui semble. Hier, en lui donnant les clés de la maison, Matthias l’a encouragée à sortir se balader pour découvrir le coin. Il lui a même indiqué le chemin pour se rendre encentre-ville. Centre-ville, sérieux ! Elle laisse échapper un ricanement.
Elle traverse l’espèce de lotissement et trouve facilement le petit chemin qui permet de rejoindre le lac dont lui a parlé Matthias. Sur le côté, de magnifiques hortensias sont en pleine floraison. Bien que l’on soit le dernier jour de juillet, les jardins et toute la végétation sont bien verts. Ce n’est clairement pas le même climat qu’en région lyonnaise, où tout était déjà cramé dès le mois de juin.
Elle débouche sur le lac et rejoint le sentier qui en fait le tour. D’après Matthias, il lui permet de rejoindre directement le fameux centre-ville. Elle s’arrête un moment pour admirer la vue. OK, il faut l’admettre, le coin est plutôt sympa. Le lac est vraiment beau, et plus étendu que ce qu’elle avait imaginé. Bordé de grands arbres et de larges étendues d’herbes au milieu desquelles s’épanouissent quelques fleurs sauvages, il arrive à garder un aspect naturel auquel elle ne s’attendait pas. Des canards s’y promènent avec nonchalance. Le sentier est peu fréquenté, et elle doit avouer qu’elle apprécie cette balade solitaire.
Elle reprend son chemin et débouche sur une grande rue. Elle repère le magasin de meubles dont lui a parlé Matthias, remonte la rue et tourne sur la droite, avant d’emprunter une petite rue en pente. Rue Saint-Yves, lui indique le panneau bleu. En haut, le goudron laisse place aux pavés et elle arrive sur une grande place rectangulaire. Chaque côté est bordé de petites bâtisses anciennes de deux ou trois étages. Une maison à colombages aux boiseries bordeaux et jardinières de géranium abrite une crêperie – évidemment. À sa droite, un vieux bâtiment en pierre et au toit tordu semble tout droit sorti du Moyen-âge. Dominant la place, l’office du tourisme, à la façade en grosses pierres et fenêtres bleues. Toute la place ressemble à une carte postale bretonne : pavés, granit, boiseries bleues ou rouge et fleurs au balcon. Rien ne manque.
Toto, j’ai l’impression que nous ne sommes plus au Kansas !
En tout cas, elle est bien loin de sa région natale. Et clairement pas aux États-Unis. Poussant un soupir, elle se met en quête d’une boulangerie, décidée à s’offrir un croissant. Après un certain nombre de tours et de détours, elle découvre que le centre n’abrite pas moins de quatre boulangeries et qu’une seule d’entre elles est ouverte en ce lundi d’été. Agacée, elle décide de retourner au lac pour manger sa viennoiserie et descend une petite rue escarpée. Arrivée en bas, elle note malgré elle son nom : Rue Casse-la-foi. Interdite, elle fixe la plaque un instant, les sourcils froncés. Puis son regard remonte machinalement la rue. Tout en haut de la côte se dresse l’église de Saint-Renan. Un petit rire s’échappe de ses lèvres. Le nom est plutôt bien trouvé, pour le coup !
Dans la rue suivante, elle découvre une bonne surprise : une médiathèque. Elle est malheureusement fermée pour le moment et un coup d’œil aux horaires d’ouverture lui apprend qu’elle est plus souvent fermée qu’ouverte, mais c’est déjà ça. Il faudra qu’elle revienne voir ce qu’ils ont en rayon. Si elle n’est pas trop nulle, elle devrait l’aider à supporter cette année bretonne. Rassérénée, elle reprend son chemin pour se trouver un petit banc tranquille face au lac pour dévorer son petit-déjeuner. »