Crédit Photo : Hervé Thomas

Une vieille ouvrière entonnait les premières paroles d’un célèbre cantique. Peu à peu, toutes les Penn Sardin se joignirent à elle. Yvonne hésita un instant, incertaine, mais une des étêteuses lui adressa un signe d’encouragement en souriant. Alors, Yvonne se mit également à chanter faiblement.
Le voyage de mille lieues - chapitre 2, Yvonne 10 ans, Douarnenez, juin 1900
Source : Diocèse de Quimper
Je dois vous avouer une petite tricherie de ma part : ce cantique existe tout à fait et il était bien chanté dans le sud-Finistère au début du vingtième siècle... mais à partir de 1904. Il a été écrit par l'abbé Louis Abjean, vicaire à Goulien puis à Pleber-Christ.
Si vous êtes curieux d'en savoir plus, je vous recommande cette page très complète sur le site de la mairie de Goulien.
1. D’ar c’hrouadur bian, e kichennig e gavel,
E lakit eur vamm vad, en deiz evel en noz.
Er boan hag en añken, hi a daol buan eur zell,
War groaz santel Jezuz he soñj er baradoz.
Da feiz on tadou koz, ni pôtred Breiz-Izel, ni ‘zalho mad atao;
‘Vid feiz on tadou koz hag en-dro d’he baniel, ni oll en-em stardo;
Feiz karet on tadou, morse ni n’ho naho;
Kentoc’h ni a varvo! (3 w)
2. D’ar pôtr, d’ar plac’h yaouank, c’hwi ‘ziskouez hent ar furnez,
C’hwi ‘lavar : « It gantañ heb krena dirag dén ;
Bezit, tud yaouank Breiz, bezit e-pad ho puez,
Ato gwir gristenien, treitourien birviken ! »
Da feiz on tadou koz, ni pôtred Breiz-Izel, ni ‘zalho mad atao;
‘Vid feiz on tadou koz hag en-dro d’he baniel, ni oll en-em stardo;
Feiz karet on tadou, morse ni n’ho naho;
Kentoc’h ni a varvo! (3 w)
3. D’an dén koz, gwenn e benn, e korn an tan azezet,
O skuill daelou a geuz war e amzer genta,
Warlerc’h kalz a boaniou, c’hwi ‘lavar, Salver karet,
Er baradoz e vo eürusted evitañ.
Da feiz on tadou koz, ni pôtred Breiz-Izel, ni ‘zalho mad atao;
‘Vid feiz on tadou koz hag en-dro d’he baniel, ni oll en-em stardo;
Feiz karet on tadou, morse ni n’ho naho;
Kentoc’h ni a varvo! (3 w)
4. D’an dén diwar ar mêz, kenkoulz ha d’an dén a vor,
C’hwi a ro nerz-kalon da stourm er boan ato;
Gouzoud a reont, en neñv e kavint oll dor zigor:
Ar vuez ‘vo bet tenn; d’an drubuill, kenavo!
1. Tout à côté du berceau du petit enfant,
Que veille une mère jour et nuit;
Dans la peine et l’angoisse, elle regarde
La croix de Jésus, et pense au paradis.
A la foi de nos vieux pères, nous, enfants de Bretagne, serons toujours fidèles.
Pour la foi de nos vieux pères, autour de cette bannière, nous serons tous unis.
Foi bien aimée de nos pères, jamais nous ne te renierons.
Plutôt mourir! (ter)
2. Au garçon, à la jeune fille vous apprenez le chemin de la sagesse.
Vous dites : Prenez ce chemin sans crainte.
Soyez, jeunes de Bretagne, dignes de votre foi,
Toujours de vrais chrétiens, ne la trahissez pas!
A la foi de nos vieux pères, nous, enfants de Bretagne, serons toujours fidèles.
Pour la foi de nos vieux pères, autour de cette bannière, nous serons tous unis.
Foi bien aimée de nos pères, jamais nous ne te renierons.
Plutôt mourir! (ter)
3. Au vieillard à cheveux blancs, assis près de l’âtre,
Versant des larmes de regret sur sa jeunesse,
Après tant de peines, vous lui dites:
Au ciel, il y aura pour lui grande joie.
A la foi de nos vieux pères, nous, enfants de Bretagne, serons toujours fidèles.
Pour la foi de nos vieux pères, autour de cette bannière, nous serons tous unis.
Foi bien aimée de nos pères, jamais nous ne te renierons.
Plutôt mourir! (ter)
4. A l’homme de la campagne, autant qu’à l’homme de la mer,
Toujours, vous donnez le courage de tenir dans la peine,
Ils savent qu’au ciel ils trouveront toutes les portes ouvertes :
La vie a été dure; aux soucis, adieu!