Vendredi 12 avril 2024

C'est presque terminé !

Comment allez-vous ?

Si j'avais écrit cette lettre à l'avance, j'aurais certainement prévu de vous raconter à quel point j'étais heureuse d'avoir terminé mes corrections, et impatiente d'envoyer le manuscrit de mon prochain roman bêta-lecture, lundi.

Sauf que je n'ai rien préparé en avance.

Et qu'accessoirement, je suis loin d'avoir fini mes corrections...

Par contre, je suis vraiment impatiente d'envoyer la première moitié de mon manuscrit en bêta-lecture lundi !

Depuis ma dernière lettre, je suis entrée dans la phase finale des corrections. Tout ce que j'ai pu vous raconter avant sur mon travail et mon rythme n'est plus d'actualité. En ce moment, je suis dans une autre dimension, une sorte de frénésie euphorique. Après des mois de travail, beaucoup de remise en question et des dizaines de relectures, je commence enfin à être satisfaite du résultat.

Comme je vous l'avais annoncé la dernière fois, j'ai rapidement terminé les corrections majeures liées à l'intrigue. Je vous avais dit que j'allais commencer les corrections plus cosmétiques. Bon, si on considère la chirurgie reconstructrice comme de la cosmétique, c'est effectivement ce que je suis en train de faire !

Concrètement, qu'est-ce que je fais ?

Je repasse sur chaque réplique de mes personnages pour ajuster leur voix narrative, afin qu'elle soit la plus unique possible.

J'examine chacune de leurs réactions, notamment leur langage corporel et leur ton de voix, pour vérifier si elles sont parfaitement adaptées à leur personnalité, là où ils en sont dans leur évolution et le contexte de la scène.

Je reprends toutes les descriptions, pour m'assurer qu'elles sont intéressantes et immersives.

Je vérifie le rythme. Trop rapide ? Je crée un nouveau paragraphe. Trop lent ? Je supprime, je réécris, je réagence.

Je travaille sur le style, pour m'assurer que tout est aussi fluide que possible, je traque les lourdeurs, les vilaines répétitions.

Bref, je corrige encore !

Mais la grande différence, c'est que, quand je termine de faire ces corrections-ci sur un chapitre, je vois le résultat final. (Enfin presque, hein, parce qu'ensuite les bêta-lecteurs vont me remonter des dizaines de nouvelles corrections à faire.)

Et de voir mon texte dans sa forme quasi définitive, c'est juste magique.

D'autant que j'ai l'impression d'avoir vraiment progressé depuis La nuit où elle a allumé l'étincelle. On verra ce qu'en disent les bêta-lecteurs !

En attendant, cet enthousiasme m'insuffle une énergie folle, tout en me poussant à aller beaucoup plus loin sur le travail du texte. Résultat des courses, je travaille plus de dix heures par jour dessus, ce que je n'aurais jamais cru possible. Je suis passée en mode no-life mais je m'éclate !

Je suis très impatiente de vous faire découvrir Zoé et Pierre. Je pense beaucoup à vous en écrivant, en me demandant si telle réplique va vous faire rire, si ce passage va vous émouvoir autant que moi... J'avoue que je trépigne un peu, tout en voulant tout rendre parfait. Un peu comme si j'étais en train de préparer la maison en attendant que vous arriviez pour le dîner !

Histoire de vous mettre en bouche, je vous propose un nouvel extrait, un peu plus long cette fois-ci.

J'espère qu'il vous plaira (petite montée d'angoisse)

Sur ce, je vous souhaite un excellent week-end !

Prenez soin de vous,

Léonie

Extrait du premier chapitre

Et c’est ainsi que la voilà aujourd’hui en route pour Saint-Renan, 8 500 habitants. Elle a fait le calcul, ça représente 1.65% de la population de Lyon.

Un bled, quoi.

Le genre d’endroit où tout le monde doit connaître tout le monde et se mêler des affaires des autres.

L’horreur.

(...)

Le GPS indique maintenant 44 minutes avant l’arrivée. Zoé se renfonce dans son siège, croise les bras, puis reporte son attention sur le paysage qui défile par la vitre. Ils viennent de dépasser la sortie Saint-Thegonnec et des bottes de foin.

Bien entendu, elle n’a jamais interrogé son oncle sur toutes ces questions. Elle s’est battue pour éviter l’exil dans le Finistère, mais elle n’a rien demandé. Quand on pose des questions aux gens, ils se sentent ensuite le droit d’en poser à leur tour, et avant que vous ayez eu le temps de dire ouf, vous voilà embarqué dans une conversation. De là, ils s’imaginent que vous êtes proches, puis se découvrent une envie soudaine de commenter vos actions et votre comportement, avant de carrément décréter ce que vous devez ou ne devez pas faire.

Depuis qu’elle a compris cela, Zoé met un point d’honneur à éviter autant que possible toute conversation et à ne jamais poser de question.

De toute façon, il existe plein d’autres manières d’obtenir des réponses. Rien qu’en observant les gens, on apprend une tonne de choses.

Et pour le reste, il y a Google.